Alerte! Les restaurateurs francais du patrimoine sont en danger!

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#26 Re:

2016-03-18 22:22

#19: Julie Catalo-Manuel -  

 

le métier n'est plus possible sans une solide avance de trésorerie, une grande résistance physique et un moral  en acier

j'ai des commandes, je paye mes cotisations obligatoires, je reçois des paiements généralement en fin d'année qui me permettent de rembourser les avances demandees dans l'annee a mes proches, les agios, les emprunts, les pénalités de paiements en retard etc.

c'est une noyade avec une implication non stop

quelles que soient les raisons, le constat est celui-là : a pres de 40 ans je dépends entièrement de mes proches pour un investissement quasi surhumain

 


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#27 Re: BRe:

2016-03-19 09:09

#14: - BRe:  

Les 2 rapports cités sont celui de Daniel Malingre, conseiller-maître à la Cour des comptes en 2003 (malheureusement pas consultable sur internet), et celui de Christian Kert, député, en 2006 : http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i3167.asp

Merci pour votre soutien!


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#28

2016-03-19 10:49

19/03/2016

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#29

2016-03-19 12:49

Le 19 mars. Le gouvernement ne comprend-il pas l'importance de la culture sous tous ses aspects, à commencer, bien sûr, par la survie des professions indispensables à la conservation du patrimoine culturel ?

Serrons-nous les coudes. Les seules causes perdues sont celles que l'on croit perdues d'avance.

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#30 Re: Témoignage de colibri : une mouche qui tombe

2016-03-19 13:50

#19: Julie Catalo-Manuel -  

  Egalement conservatrice-restauratrice d'oeuvres sculptées diplômée, habilitée à travailler pour les museés de France, j'exerce depuis treize ans, essentiellement avec les MH. C'était un souhait : traiter les objets ruraux, provinciaux, avec la même exigence éthique et technique que les oeuvres de musées, comme pour tout bien culturel qui a traversé souvent des siècles et qui devra nous survivre, en demeurant des objets d'études (matérielle, éthnographie, culturelle, historique, économique, etc.). C'est à dire en produisant, aussi, autant que possible, d'étayés rapports d'étude et d'intervention pour chaque, quel qu'il soit, sans distinction entre les plus sublimes et les plus vernaculaires. La remise en valeur des biens passe aussi par là, et nos formations nous donnent le bagage nécessaire pour fournir ces dossiers, collectes d'archives, synthèses et miroir de nos interventions.

Hélas, tant de temps de travail non rémunéré, tant d'argent perdu - sans parler des sommes englouties dans l'aménagement de l'atelier (avec jubilation et pleine d'illusions à l'époque, quitte à tout y investir) - pour aller faire des devis gratuits bien loin .. gratuits, c'est-à-dire aux frais du prestataires comme le veut d'indéboulonnable usage (au moins trois prestataires consultés, à la même enseigne, pour chaque objet, rappelons-le, c'est assez fréquent), pour des communes juste curieuses, ou indécises et qui finissent par oublier le dossier; tant d'enthousiasmes noyés, tant d'incompréhension dans les petits villages (sur nos taux horaires comme sur la minutie de nos intervention - en tout cas au moment de choisir les devis quand, en lice, sont ceux d'autres types de restaurateurs, moins chers, moins éloignés, peut-être techniquement compétents, mais à dimension unique) , et même parfois, ai-je cru constater, les positions border-line de quelques responsables locaux...

À la clef, au-delà des aspects pécuniaires (radiée finalement d'un RSA versé une seule fois en un an puis interrompu - en raison du système de déclaration inadapté aux libéraux, qui a engendré des recommandations contradictoires de la CAF et des réponses de ma part apparemment inadaptées, en suivant pourtant lesdites instructions  !), au-delà des aspects matériels, donc, cela engendre une telle déstabilisation, une perte de confiance abyssale, l'isolement, on s'approche du bore-out, ce pendant du burn-out, ce sentiment qui peut fleureter  - c'est peu dire - avec la dépression, dû à un emploi sans exploitation des compétences réelles, ou à ne rien faire du tout.
À terme, à travailler (sur des échafaudages pour les chantiers qui le nécessitent ? ou sous nos combinaisons, masques à solvants, et avec loupe binoculaire ?) jusqu'à plus de 80 ans, une retraite évaluée à ce jour à si peu (cent-vingt euros par mois ?) : l'indigence à l'horizon. 
Il faut une profonde capacité à se resourcer sans arrêt, à lutter contre la gangrène émotionnelle, ce moral d'acier évoqué ailleurs ici, pour ne pas sombrer quand tout cela dure. 

Oui, nous faisons un métier merveilleux, je rejoins Mme Catalo-Manuel et je ne le conterdirai jamais, et c'est sans doute ce qui nous fait tenir au-delà du raisonnable et du réaliste, mais les coulisses en sont plus qu'austères : elles nous rongent. C'est un suprenant mariage.

 

MERCI DONC, INFINIMENT MERCI, A TOUS LES SIGNATAIRES, et aux initiateurs et soutiens du mouvement.


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#31

2016-03-19 20:05

La Rochefoucauld, 1659 : "Les hommes ne vivraient pas longtemps en société s'ils n'étaient les dupes les uns des autres" ; "On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner". (Maxime n°87 et 384). Amitiés

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#32

2016-03-20 11:30

C'est de plus en plus inquiétant

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#33

2016-03-20 13:05

20 mars 2016

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#34

2016-03-20 13:07

Je connais au mins 2 restauratrices, l'une d'elles a du abandonner le métier...


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#35

2016-03-20 16:05

le 20/03/2016

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#36 Re: Re: Témoignage de colibri : une mouche qui tombe

2016-03-20 20:04

#30: - Re: Témoignage de colibri : une mouche qui tombe 

 Je me retrouve en tout point dans ce témoignange, moi-même restauratrice du patrimoine sculpté. La conscience d'avoir des compétences dont tout le monde se fout car elles coûtent trop chers est un poison insidieux qui finit par détruire volonté, optimisme et espoir...


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#37

2016-03-20 20:26

20/03/2016

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#38

2016-03-20 20:51

J'ai signé cette pétition parce que pour moi la transmission du patrimoine est importante. Nous avons en France une richesse culturelle, architecturale et tellement de peintures. Nous devons garder cette mémoire qui reflète notre histoire. Les restaurateurs, les conservateurs et tous les gens qui professent pour sauvegarder notre patrimoine doivent être défendus.
Marie-Pierre GH

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#39

2016-03-20 23:46

20 mars 2016

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#40 précaire, vous avez dit précaire ?

2016-03-21 00:21

Bac +5 avec souvent fomations et/ou diplômes complémentaires (CAP, DMA...), payé autant qu'un garagiste, voir moins, bénéficiaire du RSA quand on arrive à se faire comprendre des institutions (CAF, Département), sous pression du RSI qui prélève quasiment 50% du bénéfice, cad du reste-à-vivre... Mais la plupart du temps, pour ceux qui n'ont pas de clientèle privée, payé par l'argent public, quand il en reste.

Non, vraiment, ça vaut le coup !


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#41 Re: précaire, vous avez dit précaire ?

2016-03-21 00:36

#40: - précaire, vous avez dit précaire ? 

 Merci de le dire, car je reconnais ma situation et à défaut d'être consolée je m'en sens moins seule "responsable".


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#42

2016-03-21 10:51

le 21/03/2016

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#43 La situation n'est pas nouvelle... mais il faut qu'on y travaille tous ensemble

2016-03-21 12:21

La situation n'est malheureusement pas nouvelle ! Mais elle est dangereuse, car on continue de former de jeunes professionnels que les anciens ne voient pas toujours d'un bon oeil arriver sur le marché...

Les formations (INP, ESAA, ESBAT, Université) sont excellentes, reconnues au niveau international. Mais à quoi sert-il d'avoir une formation d'excellence si c'est pour laisser tomber les professionnels après ? Je pense que tous les conservateurs-restaurateurs ont senti ce grand fossé, que dis-je, ravin sans fond une fois leur diplôme en poche... Comment travailler correctement quand on n'en a pas les moyens ? Que dire à des jeunes qui souhaitent se former ? Personnellement, quand on me pose la question, j'ai plutôt tendance à les décourager : pourquoi faire 5 ans d'études spécialisées (généralement après déjà quelques années d'études) si c'est pour se retrouver au même stade après ? Que dire à nos confrères et consoeurs étrangers, avec qui nous sommes en contact par les forums internationaux, les colloques (quand on peut se payer le déplacement, si ce n'est pas trop loin de la France ! Qui parmi nous, va aux colloques de l'ICOM-CC, dont beaucoup d'entre nous sommes membres, quand ils ne se tiennent pas en Europe ?)

Disons les choses, dans ce pays où personne ne veut dire ce qu'il gagne. Cela fait 14 ans que je suis sortie de formation (INP). La 1è année j'étais salariée dans un musée parisien : 1300 € nets par mois (en 2003). Depuis que j'ai commencé à travailler en indépendante, si je ramène mes revenus à un salaire (en y intégrant le calcul des congés payés - que nous n'avons pas-, pour que ce soit comparable), je gagne en moyenne... 1300 € nets par mois. En 2016. Après 10 ans d'études au total. En travaillant au moins 40 h/semaine. 1300 € sur lesquels je vais prélever si je veux investir dans du matériel. Et je sais que certains collègues m'envient, c'est ça le pire ! Car, vivant à la campagne et me contentant de peu, je vis de mon travail. Mais ayant commencé à travailler à 28 ans, j'ai fait le calcul de ce que je gagnerai une fois en retraite (si ma situation reste stable !) à 67 ans  (le simulateur de ma caisse de retraite ne va pas au-delà !) : 680 €/mois (retraite de bas + complémentaire).

C'est vrai qu'on n'est sans doute pas tous égaux dans la façon de mener notre entreprise, mais d'une part on n'y a pas été formés (on a été formés comme si on allait travailler comme fonctionnaire, aucune notion de commerce, de rentabilité... ce sont des gros mots !), d'autre part on peut faire ce constat, comme le disait une personne précédemment, qu'on est à peu près tous dans le même cas. Le constater fait qu'on s'en sent effectivement un peu moins responsable, car c'est très culpabilisant de ne pas arriver à vivre de son travail. Et très frustrant de se rendre compte que, malgré tout l'enthousiasme qu'on avait en commençant, au bout d'un moment, être toujours sur la corde raide, ce n'est plus possible. Très déprimant de voir autant d'aigreur dans un milieu qu'on aime.

Mais il ne faut pas rester seul dans son coin. La profession est souvent trop individualiste. Alors que nous avons de super compétences, une polyvalence dingue, une adaptabilité incroyable ! Il faut qu'on se serre les coudes et qu'on agisse ensemble. Trop peu d'entre nous s'investissent dans l'unique association qui bosse d'arrache-pied depuis plus de 20 ans pour nous : la FFCR. Super lieu de discussions, d'échange d'idées, de partage de compétences, où pour ma part j'ai appris à réfléchir à tout ça. J'encourage tous les professionnels qui ne sont pas adhérents à venir voir ce qui s'y passe. Et ne me dites pas comme toujours : je n'ai pas le temps, car je n'en n'ai pas plus que vous, et cependant je l'ai pris pour participer, notamment en tant que déléguée régionale. C'est en travaillant TOUS ensemble à notre survie qu'on y arrivera. 


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#44

2016-03-21 13:20

le 21/03/2016. Enfin les professionnels réagissent!. Je m'étonne cependant de voir parmi les premiers signataires le nom de certains qui lorsque la loi Musée est sortie il y a quelques années ont osé laisser y inscrire le fait que la profession était d'essence "liberale" une absurdité que nous payons tous très cher aujourd'hui. Montrez donc votre vrai visage, Mesdames et Messieurs les "responsables" de haut niveau que vous prétendez être.
le 21/03/2011

#45 la profession de conservateur/restaurateur

2016-03-21 13:35

 Et tout à coup ces cris "d'Orfraie" poussés à l'unisson par cela même qui ont exploité sans vergogne la situation précaire des conservateurs/restaurateurs( terme auquel je ne me suis jamais associé préferant celui de restaurateur du patrimoine plus humble. De toute façon seulcompte la qualité du travail accompli que malheureusement peu de gens bien placés savent évaluer!); Quand lje parle de situation précaire je pense entre autre à celle des professionnels qui enseignaient et pour certaines enseignent encore à l'INP. Exploités, surchargés d'un  travail et de responsabilités énormes et croissantes sans que les directeurs

d'alors s'en émeuvent!. Celui-là même qui, alors faisait la sourde oreille, tandis que certains, epuisés tombaient en dépression.Ah oui, et le travail dans des caves insalubres, où seules devaient être accueillies des oeuvres d'art. 17degrès, lumière artificielle pour des interventions sur les plus grands chef-d'oeuvre du monde. MAIS ça qui le dit. personne de peur de se retrouver sans travail; Ah oui bravo! Mesdames et Messieurs les responsables. Félicitation. J'espère bien trouver, un jour une rubrique pour dire ce que je sais de la gestion "humaine" du patrimoine en France. Salutations néenmoins cordiales et solidaires. Marie-Christieb Enshaian; Ancienne responsable d'atelier, INP de 1995 à 2011. Ancienne restauratrice libérale travaillant entre autre pour le Musée Picasso Paris.


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#46

2016-03-21 16:01

Enfin on parle de notre profession! Merci de nous aider à faire reconnaître nos compétences et à améliorer nos conditions d'exercice.

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#47 Re: la profession de conservateur/restaurateur

2016-03-21 16:41

#45: le 21/03/2011 - la profession de conservateur/restaurateur 

Bonjour Marie-Christine,

Une rubrique pour parler de tout ça, ça doit pouvoir se trouver !

Sur le site de la délégation Bretagne de la FFCR, tout récent, il y a quelques petits billets où on essaie de parler de petites choses sur le sujet, "l'air de rien, l'air de tout" comme dirait François Morel, qui paraît-il est un des signataires de la pétition (je n'ai pas vérifié, vu le nombre de signatures !) : http://bretagneffcr.jimdo.com/billets/

C'est dit sur le ton de l'humour (on essaie de modérer en tous cas...), mais ça va toujours mieux en le disant !

Avec mon bon souvenir (j'étais dans l'atelier d'à côté, de 1999 à 2002)

Gwenola Furic, conservatrice-restauratrice de photographies


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#48

2016-03-21 20:08

Lundi 21 mars à 19h08

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#49

2016-03-21 21:25

Le. 21 mars 2016 pour soutenir des professionnels d'excellzence, contre une logique compt:able oublieuse de la transmission d'un savoir pour celle. De notre, culture

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#50

2016-03-21 21:46

Maintenant