Enseignants du supérieur : revalorisation des salaires et carrières - NON au piège des primes !

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Depuis 2017, ce gouvernement poursuit la politique de blocage de la valeur du point d’indice de rémunération. Ce choix d’appauvrissement des fonctionnaires s’inscrit dans une politique réfléchie d’amoindrissement relatif du salaire statutaire au profit d’une rémunération indemnitaire inégalitaire (les primes), remettant en cause à la fois le financement de la protection sociale (sécurité sociale, retraites) et les statuts, tout en divisant les collègues.

Les économies engendrées sont utilisées par le gouvernement pour une redistribution qui finance surtout les riches (ISF supprimé, impôts sur les revenus dont la plus haute tranche est passée depuis 1986 de 65% à 45%, allègements de cotisations patronales diverses…) et accroît les inégalités avec la majorité des salariés (le salaire mensuel médian est de 1789 euros net).

Depuis quelques mois, le gouvernement communique beaucoup pour faire croire à une revalorisation du métier d’enseignant et d’EC et à une prise en compte des revendications salariales, mais en mettant en place une politique de primes (étape après étape, corps de fonctionnaires après corps…) qu’il voudrait faire passer pour compensatrice.

Alors que les enseignants français sont quasiment les moins bien payés d’Europe, le SNESUP dénonce la duperie gouvernementale et les dangers de cette politique, chiffres et arguments à l’appui. En application des décisions de notre dernier congrès, nous revendiquons une réelle et urgente revalorisation, et lançons une pétition à cet effet !  

1) Une perte salariale abyssale !

Toute politique indemnitaire, et celle-ci n’y échappe pas (que les primes soient statutaires ou individuelles), s'inscrit dans une logique d’amoindrissement de la rémunération statutaire des fonctionnaires fixée par les grilles. Quelques chiffres pour comprendre cette régression : quasi-blocage de la valeur du point d'indice depuis 2010, avec perte équivalente à plus d’un mois de salaire par an par rapport à cette date !

Et pire si on remonte plus loin : -29,5 % depuis 1985, année de désindexation des salaires sur les prix : voir graphique ci-dessous). Oser parler, comme le fait le ministère dans sa communication, de "revalorisation" alors qu’il poursuit ce blocage, relève donc de la plus belle hypocrisie !

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Cette politique n’est aucunement due à des contraintes et impossibilités financières du pays (le maintien du pouvoir d’achat des fonctionnaires nécessiterait moins de 3 milliards d’euros pour un PIB du pays d’environ 2400 milliards d’euros), mais à des choix volontaires qui ont creusé injustement, les inégalités entre les riches et l’essentiel des salariés…

Ajoutons que la perte de pouvoir d’achat pour les enseignants, en plus d’être injuste, est un très mauvais signal délivré aux futurs candidats aux concours, alors que le service public a besoin de recruter des enseignants de qualité et pour cela, de redevenir attractif en termes de salaire, mais aussi de progression de carrière et d’allègement de la charge de travail.

2) Incompatibilité entre primes et protection sociale.

Ces primes ne participent pas, ou marginalement, au financement de la protection sociale (sécurité sociale, retraite), ce qui amoindrit une fois de plus ces conquêtes sociales fondamentales et préparent le terrain aux assurances privées individuelles et inégalitaires. C'est une des raisons fondamentales qui justifie la revendication syndicale permanente d'intégration des primes, particulièrement celles statutaires, dans le salaire. Ainsi, s'il n'est évidemment pas question de refuser une prime, il est de notre rôle et devoir syndical de dénoncer la duperie que représente ce procédé gouvernemental et de lutter contre toute mesure d’individualisation des salaires.

3) La plupart du temps, primes = division et désolidarisation !

La plupart des politiques de primes amène à la désolidarisation des personnels entre corps (primes statutaires différentes) ou entre collègues (primes individuelles au « mérite » et donc très subjectives et inégalitaires). Un bel exemple est la hausse nettement différenciée de la Prime d’Enseignement Supérieur (+286 euros en 2021 pour la PES des statuts de 2nd degré) et de la Prime d’Enseignement Supérieur et de Recherche (PESR pour les enseignants-chercheurs), ceci au motif de « revaloriser la recherche » selon le vocabulaire ministériel, alors que ces primes étaient égales depuis leur création il y a plus de 30 ans ! Au final, après leur phase de progression prévisionnelle jusqu’en 2027, la PES (3200 euros) sera 2 fois plus faible que la PESR des maîtres de conférence (MCF : 6400 euros) !

4) La seule et réelle revalorisation doit passer par celle des grilles salariales !

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La revalorisation de la carrière des MCF doit aussi passer par la fin du blocage de classe et l’obtention, à l’identique des corps du second degré, d’une clause de sauvegarde stipulant que tout collègue ayant plus de 3 ans d’ancienneté au dernier échelon de la classe normale passe automatiquement hors-classe, sauf avis négatif dûment motivé de la part de l’administration.

L’intégration dans le corps des PR de tous les MCF-HDR qualifiés doit être la norme, et la fusion des classes PR2 et PR1 doit être obtenue (au minimum, une clause de sauvegarde de 3 ans en fin de PR2, à l’identique de celle rappelée précédemment, doit être appliquée pour passer automatiquement en PR1).

5) Mettons fin au scandale des heures complémentaires et vacations payées au SMIC !

Si nous ne contestons pas le fait qu’un certain nombre d’heures complémentaires puisse s’avérer nécessaire dans l’enseignement supérieur, le volume total de ces heures et des vacations est largement déraisonnable et équivaut à au moins 30 000 emplois d’enseignants-chercheurs ! Ceci est la conséquence d’une politique de non-recrutement et d’économies des gouvernements successifs car ces heures sont largement sous-payées : 41 euros de l’heure TD. Or, une heure TD d’enseignement étant équivalente à 4,2 heures de travail (enseignement, préparation, correction, documentation, suivi des étudiants, jurys et réunions, etc : 4,2 = ratio 1607h / 384h d’un enseignant de statut second degré), le taux de rémunération correspond de fait au SMIC !

Ce volume global est devenu indécent et les heures complémentaires représentent une surcharge de travail qui joue contre la qualité de nos enseignements en plus de la fatigue générée. Ce système est pervers, injuste et masque le besoin de création d’emplois, repose pour nombre de collègue sur le souci du service public pour faire en sorte que les étudiants aient tous leurs enseignements, et/ou sert à atténuer les effets du gel du point d’indice !

Mettre fin à ce scandale et rompre ce cercle vicieux nécessite une action collective de réduction à un nombre raisonnable, d’heures complémentaires faites par les collègues. Nous demandons un plafonnement par collègue du volume d’heures complémentaires (non obligatoires bien sur), autour d’une centaine d’heure, et une revalorisation de celles-ci (un triplement du taux) afin de les rendre économiquement inintéressantes pour le ministère. A noter aussi le vocable ministériel employé (« complémentaire » au lieu de « supplémentaire »), ceci afin de contourner et de déroger à la règle du paiement à 125% de l’heure statutaire de travail.

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Pour toutes ces raisons, le SNESUP-FSU, défendant toute la profession et tous les collègues, réclame :

-  un net rattrapage salarial par le point d'indice permettant de compenser au minimum les 10 dernières années de blocage subi,

-  une revalorisation des grilles salariales statutaires et des carrières (voir ci-dessus, point 4),

-  l'attribution des mêmes primes statutaires à tous les enseignants, sans exception, avec intégration finale dans le salaire,

- un triplement du taux des heures complémentaires et des vacations (associé à un recrutement massif de titulaires).

- égalité TP = TD pour tous (ATER, vacataires…) et toutes les heures, y compris complémentaires.

 

TOUS  ENSEMBLE , UNIS  POUR  GAGNER  DES  AMELIORATIONS

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