Soutien à Bruno Tackels

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Comité pédagogique ERAC

#22

2011-09-01 12:03

En réponse à la pétition de soutien à Bruno Tackels diffusée durant l'été 2011, le comité pédagogique de l'ERAC, réuni le 30 août 2011, tient à affirmer de la façon la plus formelle que le réaménagement du poste d'enseignant de Bruno Tackels n'a été déterminé par aucune intervention ou motif politique sous quelque forme que ce soit.

Les membres du comité pédagogique de l'ERAC :
Hubert Colas, Michel Corvin, Philippe Demarle, Valérie Dreville, Catherine Marnas, Laurent Poitrenaux, Nadia Vonderheyden

Réponses

Comité de soutien à Bruno Tackels

#25 Re:

2011-09-18 14:37:16

Le comité de soutien à Bruno Tackels, prenant acte de la lettre que le directeur de l’ERAC a envoyée à d’anciens élèves de l’école, de la déclaration du comité pédagogique, de la lettre d’une promotion d’anciens élèves de l’école et des commentaires d’anciens élèves de l’ERAC, documents tous publiés dans l’espace de commentaire du présent site, réaffirme son soutien à Bruno Tackels face à la décision du directeur de l’ERAC de mettre fin à leur collaboration régulière et pluri-annuelle, et à la façon dont cette rupture de contrat lui a été signifiée.

Concernant la présomption qu’un motif politique expliquerait cette décision, le comité de soutien relève que l’argumentaire de dénégation de cette hypothèse repose sur un mensonge, à savoir que l’école ne serait pas subventionnée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, quand il est avéré que l’ERAC reçoit bien un subside de cette collectivité locale (sans parler de la subvention indirecte dont jouit l’école par l’implantation de son dernier cycle dans les locaux du Système Friche Théâtre des friches de la Belle de Mai de Marseille). Et la récente (et opportune ?) disparition de la mention de cette aide publique sur le site web de l’ARCADE (Agence des Arts et Spectacles Provence Côte d’Azur) ne change rien à cet état de fait.

Si le comité de soutien est prêt à croire que le directeur de l’établissement ne s’est pas séparé de son collaborateur en raison de son engagement militant, il se pose alors la question : pourquoi donc mentir obstinément sur les liens qui existent entre l’institution qu’il dirige et le conseil général des Bouches-du-Rhône ?

Et si ce qui a motivé le directeur de l’ERAC à ne pas renouveler le contrat de Bruno Tackels n’était pas l’engagement militant de celui-ci, pourquoi diable a-t-il évoqué cela (jugeant à l’avance qu’il entraînerait une moindre disponibilité du dramaturge), comme ultime argument pour étayer sa décision ?

En effet, quel que soit le motif de cette décision, cette simple phrase : « de toute façon, maintenant que tu fais de la politique, tu vas me lâcher », suffit à justifier notre mobilisation. Elle est aussi discriminatoire, aussi choquante que celle qu’entendent maintes femmes dans la même situation : « de toute façon, maintenant que tu as des enfants, tu vas me lâcher ».

C’est peut-être une phrase malheureuse, mais c’est certainement une phrase de trop. Le droit du travail garantit le salarié contre de tels abus (y compris dans le cas des contrats précaires, du moment que la collaboration est ancienne et régulière), et l’on est en droit d’attendre une attitude plus conforme à ce droit de la part du directeur d’une école artistique publique supérieure.

Car enfin, si « le choix des intervenants qui composent le programme pédagogique de l’ERAC relève uniquement de la compétence du comité pédagogique et de son directeur », comment se fait-il que ce comité n’a pas été réuni pour discuter de la cessation de collaboration d’un des siens, membre du comité pédagogique restreint qui « établit le projet artistique de l’école » ?

Comment se fait-il que les membres du comité pédagogique soient « tombés des nues » en apprenant qu’ils ne retravailleraient plus avec Bruno Tackels ?

Si les élèves étaient à ce point mécontents de l’enseignement prodigué par Bruno Tackels, comment se fait-il que celui-ci n’a pas été convoqué en amont pour s’expliquer ou rendre des comptes ?

Si la direction et le comité pédagogique entendaient se séparer d’un dramaturge impliqué dans l’école depuis cinq ans, chargé de mettre en place le partenariat entre l’école et l’université, présentant l’école dans sa plaquette d’information, comment se fait-il qu’une telle décision ait été prise si tard dans l’année ?

Si cette décision était méditée, comment se fait-il qu’elle a été signifiée si brutalement, lors d’une réunion dont l’objet était l’établissement du planning de travail de Bruno Tackels ?

Afin de rassurer certains commentateurs, il ne semble pas inutile de préciser que ce qui fédère les signataires de la pétition de soutien à Bruno Tackels n’est pas leur appartenance à (ni même une sympathie envers) un parti politique, mais l’amitié qui les lie à Bruno Tackels, leur estime pour ses travaux et une certaine idée de la dignité humaine. Pour citer Brecht : « Ein Man ist ein Mann ».

Confiant dans les voies de la médiation en cours.

Le comite de soutien à Bruno Tackels.