Non à la suppression de la qualification par le CNU


Visiteur

/ #348 Re: Re:

2013-06-24 15:41

#106: S06paris - Re:

De mon côté, ce que je trouve honteux, c'est cette suspicion et ce raisonnement fallacieux :

- on veut éviter les arrangements entre amis, mais il faudrait prévenir les candidats étrangers qu'on voudrait recruter ? N'est-ce pas déjà faire un arrangement entre amis.

- lorsque je constate que le CNU de ma section est tenu par des personnes qui avaient de moins bons dossiers scientifiques que le mien ... au moment où j'ai demandé ma qualification, cela me fait gentillement sourire de m'être fait évaluer par ces personnes

- le recrutement local existe déjà ... ce n'est pas le CNU qui y change quoique ce soit. Ce CNU, qui, à nouveau dans ma section, ne différencie pas une revue internationale d'une revue locale dans le poids des articles scientifiques.

- constatons ce qui se passe à l'étranger où il n'y a pas de qualification. Bien que le classement des universités est discutable, il n'en reste pas moins une idée de la dynamique scientifique des universités et on ne peut pas dire que les universités française (à mon grand désarroi et ce qui est une aberration totale) n'est pas en bonne position dans ce classement.

- le nombre de dossiers n'est pas un argument : il est très simple de faire un élimination en moins de 30 secondes sur la base des critères scientifiques. Un dossier qui ne présenterait pas un nombre minimum de publications dans des revues internationales devraient automatiquement être écartés. Si cette règle était appliquée, peut-être que nous n'aurions plus des candidats dont les dossiers scientifiques sont proches du néant absolu malgré leur qualification au CNU. On se demande dès lors où était le filtre. Au contraire, si dans le profil du poste, on observe qu'il s'agit d'un critère déterminant, on va plutôt se réfréner, et ceux qui tenteraient un an ou deux, seraient vite échaudés. Cela ne prend pas de temps pour savoir si un étudiant de 1e licence valide sont année : s'il n'a pas 10 de moyenne, l'année n'est pas validée. Si un candidat MCF n'a pas x publications (en fonction de la section) dans des revues internationales, alors son dossier n'est pas évalué.

- le recrutement local et les recrutements de candidats d'un niveau trop faible devraient être empêchés par le CA des universités.

- combien de candidats ne voit-on pas avoir de bons dossiers jusqu'à devenir MCF ... et qui ne publient plus ensuite. Combien n'ont jamais publiés et sont EC? De quel droit ces personnes évaluent-elles les jeunes docteurs? Quelle injustice de constater que certains collègues perçoivent la partie "chercheur" de leur salaire alors qu'ils n'ont jamais publiés, alors qu'un CNU les a qualifiés (et accessoirement qu'un comité de sélection les a classé en ordre utile).

- combien de candidats ne voit-on pas avoir une qualification de professeur avec des dossiers scientifiques qui font peur, pour ne pas dire qui font rire.

- il est bien naïf de croire que le copinage n'existe pas au CNU.

- pourquoi empêcher le recrutement local? A niveau équivalent, il est légitime de favoriser un candidat local : il est déjà intégré à l'équipe, cela permet de construire des laboratoires autour de thématiques fortes plutôt que d'essayer de faire un "patch thématique" avec le nouvel arrivant qui ne voudra rester dans son université d'accueil (excepté quelques exceptions pour les gros centres) que le temps de pouvoir muter dans son université d'origine.

Et si des universités ne comprennent pas les enjeux de la recherche, alors il est légitime que ces universités ne continuent pas à fonctionner car les priorités de toutes les universités est d'enseigner nos savoir et de produire de nouveaux savoir au travers de nos recherches que nous devons valoriser au travers de publications. Le temps passé à des rouages administratifs est du temps qu'on ne passe pas à faire ce pour quoi nous sommes payés : faire de la recherche.

Alors, non  le CNU ne sert à rien si ce n'est donner un pouvoir à des personnes qui ne le méritent pas toujours (admettons tout de même qu'il y a des bons chercheurs au CNU), et alourdit les procédure administratives de manière abyssale.