Pétition unitaire Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE)
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Re: Re: IEP et coût des études . Les IEP sont nombreux, vous ne parlez que d'un seul
Peillon contre les prépas : le baroud d’honneur ?
En suscitant la colère des professeurs de classes préparatoires, Vincent Peillon prend le risque de mettre bas la stratégie de reconquête électorale mise en œuvre par François Hollande depuis deux ans. Son chant du cygne ?
Claude Allègre le confessait à mi-voix en 2000, après avoir été remercié du gouvernement : les ennuis avaient commencé dès l’été 1998, quand les professeurs de classes préparatoires s’étaient élevés contre un projet très technique – une modification de l’assiette de calcul des heures supplémentaires – qui allait raboter leurs revenus. Dans les semaines qui suivent, gaffes et malentendus s’enchaînent au point de rompre totalement la ligne entre le ministère et ses enseignants, puis entre le PS et son électorat. Deux ans après, les professeurs dispersent leurs suffrages sur tout le front de la gauche dite “plurielle” et du centre, au point d’éjecter Lionel Jospin du second tour de la présidentielle.
Vincent Peillon et peut-être plus encore François Hollande connaissent cette histoire par cœur. Elle a contribué à renvoyer la gauche dans l’opposition pendant dix ans, et le souvenir de cet échec cuisant explique sans doute la décision du président de la République, alors candidat, de lâcher la création de 60.000 postes en rase campagne de la primaire socialiste, sans aucune garantie de complicité syndicale sur les réformes pourtant envisagées et, à ce jour, toujours reportées, à commencer par celle du métier d’enseignant. Le souci de ne pas effrayer les ouailles enseignantes explique également la timidité de la loi d’orientation sur l’éducation, aussi dense en nobles principes qu’évanescente en ce qui concerne leur mise en œuvre – songez qu’il aura fallu 18 mois – 18 mois ! – pour seulement créer un Conseil des programmes, ou pour ouvrir les chantiers du collège ou de l’éducation prioritaire, annoncés pour début 2014.
Ce qui compte, ce n’est pas l’élève et ses besoins mais l’enseignant et ses mérites
Évidemment, la querelle des rythmes scolaires est passée par là, plombant d’entrée de jeu les débats, brouillant le ministère avec une partie de sa base militante - les enseignants de primaire -, insinuant une confusion toujours vivace entre refondation et réforme des rythmes. Un pas supplémentaire a été franchi par le syndicat majoritaire dans le primaire (le SNUIpp-FSU), qui tente désormais de transmuter la contestation essoufflée contre les nouveaux rythmes scolaires en colère plus générale contre les conditions de travail des instituteurs. Même si la tentative semble hardie, rien ne dit qu’elle échoue.
Dans ce contexte, ouvrir un nouveau front contre les professeurs de classes préparatoires ressemble à s’y méprendre à un baroud d’honneur. Quel que soit son destin ministériel, le ministre et candidat aux Européennes pourra se prévaloir d’avoir mis le doigt où ça fait mal, en dénonçant cette anomalie consubstantielle à l’élitisme de notre système : enseigner aux plus riches et aux meilleurs est nettement mieux récompensé par la République qu’enseigner aux plus fragiles. Car ce qui compte, ce qui a de la valeur, dans l’inconscient de l’Éducation nationale, ce n’est pas l’élève et ses besoins mais l’enseignant et ses mérites académiques (avoir réussi le concours qui fait appel aux savoirs les plus robustes). Renverser cette conception élitiste, qui explique largement la prégnance des inégalités scolaires et sociales, aurait pu constituer le socle d’une réelle et profonde refondation de l’école. Vincent Peillon le savait. Que ne l’a-t-il dit plus tôt ?
Emmanuel Davidenkoff
Profs de prépas… en ZEP
Les prépas ont pourtant bien changé depuis vingt ans. Dans les années 90, on a commencé à implanter des «prépas de proximité» dans les lycées de banlieue et les lycées de province éloignés des centres universitaires. L’opération a eu un beau succès : aujourd’hui, ces classes représentent la majorité des prépas. La nôtre est un bon exemple. Nous sommes implantés au lycée Blanqui à Saint-Ouen. Nos étudiants viennent presque tous de Seine-Saint-Denis. Nous avons un taux de boursiers record. Pour entrer chez nous, la mention au bac n’est pas le sésame. Ce sont eux que nous hissons, année après année, au niveau des concours les plus difficiles : un tiers de nos élèves trouvent des écoles de haut niveau, les autres poursuivent dans des filières sélectives. Personne n’est laissé sur le bas-côté. Nos élèves d’élite, nous ne les recevons pas tout faits : nous les fabriquons. Bien plus silencieusement et efficacement que d’autres institutions qui se sont fait une réputation dans les médias en recueillant charitablement quelques boursiers, nous faisons fonctionner l’ascenseur social. Nous transformons en universitaires des élèves fragiles, qui ont peur de se perdre dans les facs, de ne pas s’en sortir.
Pour amener des élèves comme les nôtres à un tel niveau, il n’y a pas de secret : il faut travailler. Ceux qui ont la moindre connaissance du terrain savent qu’il n’y a pas d’enseignement plus lourd que celui des concours. La prépa, c’est un travail toujours renouvelé parce que chaque année le programme change, que les classes ont de gros effectifs et surtout parce que le niveau d’exigence des concours est terriblement élevé. Pour offrir, dans le secteur public, ce que les gens imaginent n’exister que dans le privé et pour ceux qui paient : un suivi de chacun et un travail de haut niveau, dont la qualité est vérifiable dans la réussite des élèves. C’est peu dire que nous sommes révoltés. Ce projet sacrifie des gens dont le tort est, dans une Education nationale sinistrée, de parvenir à faire ce qu’on demande à l’école de faire.
Par Les Professeurs de classe préparatoire du lycée Blanqui Saint-Ouen, Seine-Saint-Denis, ZEP (zone prévention violence)
Re: Re: Re: IEP et coût des études . Les IEP sont nombreux, vous ne parlez que d'un seul
#3002: - Re: Re: IEP et coût des études . Les IEP sont nombreux, vous ne parlez que d'un seul
L'IEP de Paris, qui donne des leçons de démocratisation à tout le monde, alors que le véritable ascenseur social, c'est en cpge qu'il existe.
Re: Peillon contre les prépas : le baroud d’honneur ? Non courage paiera
Re: IEP et coût des études
#2993: Contribuable soucieux d'un emploi juste des dépenses de la Nation - IEP et coût des études
Vous feriez mieux de rendre votre carte du PS
Re: IEP et coût des études . Au moins ceux qui n'ont pas besoin d'ascenseur payent
Re: Re: IEP et coût des études M Pebereau aussi alors
prépas… en ZEP : n'oubliez pas l'école primaire dont l'échec prive de nombreux élèves de vos efforts
Surprenant : enseigner en prepa est un martyre (consacrer son existence)
Danièle Damin, Professeur Agrégée de Physique
Il faut raisonner en coût global (Etat et Famille) et en efficacité.
Gilbert DAMIN, Ancien Professeur en CPGE
Vision restrictive des études: toutes les disciplines ne relèvent pas des prepas
L'idéologie Peillon sacrifie le mérite et le travail des jeunes
Après la publication des résultats de l'enquête PISA, pointant du doigt les lacunes des élèves français, le bon sens voudrait que l'on se concentre sur ce qui ne fonctionne pas dans le système d'enseignement de notre pays. Or, M. Peillon, Ministre de l’Éducation Nationale, a fait connaître d'inquiétants projets sur l'une des rares filières dont la réussite est reconnue: les grandes écoles et leurs classes préparatoires.
Les images de manifestations importantes dans les grandes villes de France, la mobilisation des professeurs de "prépa" -d'habitude si discrets- dans la rue ou sur les réseaux sociaux, l'émotion de leurs étudiants aussi bien dans les lycées publics que privés... Tout cela ne peut laisser indifférent, surtout si l'on se rappelle les prises de position sans équivoque de M. Peillon, alors eurodéputé, sur cette filière, qui "fournit" pourtant à la Nation de grands chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs, dirigeants politiques, etc.
M. Peillon, sans doute sensible à une idéologie pédagogiste fâchée avec les principes de méritocratie, de dépassement de soi, de récompense de l'effort et de recherche de l'excellence, souhaite remettre en cause les obligations de service des professeurs de "prépas". Autrement dit, il s'agirait, pour ces enseignants dévoués et investis, d'assurer jusqu'à deux heures de cours en plus par semaine. Effort dérisoire, dirons certains. C'est bien mal connaître le travail de préparation et d'actualisation des cours, de correction de copies, de suivi et d'encadrement de classes souvent pléthoriques!L'effet produit par cette incompréhensible attaque contre des professeurs méritants serait, selon le service qu'ils assurent, une perte sèche de 10 à 20% de leur salaire mensuel (à travail égal, salaire moindre), ou une augmentation de leur charge de travail pour atteindre ce minima de 10h souhaité par le Ministre (travailler plus pour gagner autant).
Il est, en outre, choquant de constater que ce projet s'appuie sur des exemples marginaux de professeurs de classes préparatoires qui déclarent plus de 100.000€ par an au fisc, qui ne sont absolument pas représentatifs des rémunérations de ces enseignants qui ne comptent pas leur temps et préparent avec dévouement des élèves à des concours difficiles et exigeants?
Le candidat Hollandeavait fait de la création de 60000 postes de professeurs un argument de campagne très séduisant pour le corps enseignant, qu'il considérait sans doute comme sa "clientèle" électorale: quelle logique y a-t-il, un an et demi après l'élection présidentielle, à ponctionner le salaire d'une catégorie de professeurs, pour financer, comme le prévoit le décret, des décharges horaires de professeurs exerçant en Zone d'Education Prioritaire?
S'il est bien légitime de porter une attention toute particulière aux ZEP, doit-on le faire au détriment de ceux que l'on désigne comme les "nantis', les 'privilégiés"? Le principe de "déshabiller Pierre pour habiller Paul",comme le dit l'expression populaire, fait-il une politique éducative ambitieuse et respectueuse de ceux qui, au quotidien, la mettent en œuvre? Il a été suffisamment reproché, à tort, à l'ancienne majorité de diviser les Français et les dresser les uns contre les autres: Vincent Peillon fait pire, en opposant des collègues de travail entre eux, dans un antagonisme factice entre ZEP et prépas...
M. Peillon voit peut-être dans ces enseignants des agents d'une "reproduction sociale", montre l'étendue de sa démagogie et confond, une fois de plus, excellence et élitisme, égalité et égalitarisme... Le soutien à ce mouvement est massif : MM. Chevènement, Mélenchon, Lang et Fabius ont -à mots plus ou moins couverts- déjà montré qu'ils comprenaient, voire partageaient l'indignation des professeurs de prépa, dont les protestations sont rarissimes.
Ne laissons pas M. Peillon faire son "baroud d'honneur" sur le dos d'une filière précieuse et unique, en attendant qu'il s'installe à Bruxelles dans un fauteuil de député européen, place vers laquelle il prépare soigneusement son « atterrissage »...
Gérald GORDAT
Conseiller Régional UMP de Bourgogne
Membre de la commission Lycée et Enseignement Supérieur
11 déc 2013
si vous voulez transformer le professeur en animateur, le citoyen en consommateur et la culture en produit, alors, comme "Allègre", vous allez sortir de l'Histoire par la petite porte.
L'express
Vincent Peillon contre les profs de prépas: le baroud d'honneur?
Par Emmanuel Davidenkoff (L'Etudiant), publié le 11/12/2013 à 10:26
En suscitant la colère des professeurs de prépas, le ministre prend le risque de mettre bas la stratégie de reconquête électorale mise en oeuvre par François Hollande depuis deux ans. Son chant du cygne? L'analyse d'Emmanuel Davidenkoff.
Claude Allègre le confessait à mi-voix en 2000, après avoir été remercié du gouvernement: les ennuis avaient commencé dès l'été 1998, quand les professeurs de classes préparatoires s'étaient élevés contre un projet très technique -une modification de l'assiette de calcul des heures supplémentaires- qui allait raboter leurs revenus. Dans les semaines qui suivent, gaffes et malentendus s'enchaînent au point de rompre totalement la ligne entre le ministère et ses enseignants, puis entre le PS et son électorat. Deux ans après, les professeurs dispersent leurs suffrages sur tout le front de la gauche dite "plurielle" et du centre, au point d'éjecter Lionel Jospin du second tour de la Présidentielle.
Vincent Peillon et peut-être plus encore François Hollande connaissent cette histoire par coeur. Elle a contribué à renvoyer la gauche dans l'opposition pendant dix ans, et le souvenir de cet échec cuisant explique sans doute la décision du président de la République, alors candidat, de lâcher la création de 60 000 postes en rase campagne de la primaire socialiste, sans aucune garantie de complicité syndicale sur les réformes pourtant envisagées et, à ce jour, toujours reportées, à commencer par celle du métier d'enseignant.
Le souci de ne pas effrayer les ouailles enseignantes explique également la timidité de la loi d'orientation sur l'éducation, aussi dense en nobles principes qu'évanescente en ce qui concerne leur mise en oeuvre. Songez qu'il aura fallu 18 mois -18 mois!- pour seulement créer un Conseil des programmes, ou pour ouvrir les chantiers du collège ou de l'éducation prioritaire, annoncés pour début 2014.
Peillon pourra se prévaloir d'avoir mis le doigt où ça fait mal
Evidemment, la querelle des rythmes scolaires est passée par là, plombant d'entrée de jeu les débats, brouillant le ministère avec une partie de sa base militante - les enseignants de primaire -, insinuant une confusion toujours vivace entre refondation et réforme des rythmes. Un pas supplémentaire a été franchi par le syndicat majoritaire dans le primaire (le SNUIpp-FSU), qui tente désormais de transmuter la contestation essoufflée contre les nouveaux rythmes scolaires en colère plus générale contre les conditions de travail des instituteurs. Même si la tentative semble hardie, rien ne dit qu'elle échoue.
Dans ce contexte, ouvrir un nouveau front contre les professeurs de classes préparatoires ressemble à s'y méprendre à un baroud d'honneur. Quel que soit son destin ministériel, le ministre et candidat aux Européennes pourra se prévaloir d'avoir mis le doigt où ça fait mal, en dénonçant cette anomalie consubstantielle à l'élitisme de notre système: enseigner aux plus riches et aux meilleurs est nettement mieux récompensé par la République qu'enseigner aux plus fragiles.
Car ce qui compte, ce qui a de la valeur, dans l'inconscient de l'Education nationale, ce n'est pas l'élève et ses besoins mais l'enseignant et ses mérites académiques (avoir réussi le concours qui fait appel aux savoirs les plus robustes). Renverser cette conception élitiste, qui explique largement la prégnance des inégalités scolaires et sociales, aurait pu constituer le socle d'une réelle et profonde refondation de l'école. Vincent Peillon le savait. Que ne l'a-t-il dit plus tôt ?
http://www.lexpress.fr/education/vincent-peillon-contre-les-profs-de-prepas-le-baroud-d-honneur_1306728.html#SdBB07CpZCv8ts63.99
Re: Peillon contre les prépas : le baroud d’honneur ?
#3004: baroud d’honneur - Peillon contre les prépas : le baroud d’honneur ?
Lisez cette tribune des enseignants de CPGE de l'île de La Réunion (plus de 50% de boursiers en prépa) :
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