Ne soyons pas complices de crimes contre l’humanité, cessons toute collaboration avec les institutions académiques israéliennes !

Adressée à swissuniversities, organisation faitière des Universités et Hautes écoles suisses  

Ne soyons pas complices de crimes contre l’humanité, cessons toute collaboration avec les institutions académiques israéliennes !

Nous sommes membres des institutions académiques suisses - chercheur·euses, membres du personnel administratif et technique, étudiant·es - et nous refusons d’être complices de crimes contre l’humanité et d’une campagne de nettoyage ethnique contre les Palestinien·nes. Après la première semaine de l'assaut israélien, un groupe de plus de 800 juristes internationaux·ales et spécialistes des génocides a été "contraint de tirer la sonnette d'alarme sur la possibilité d'un génocide perpétré par les forces israéliennes". Parallèlement les rapporteurs·euses spéciaux des Nations unies sur les droits humains ont mis en garde contre "le risque de génocide contre le peuple palestinien", appelant tous les États et les organisations internationales à remplir leurs obligations.

Malgré l’atrocité des attaques perpétrées par le Hamas le 7 octobre, qui ont mené à la mort indiscriminée de nombreux·ses civil·es israélien·nes, le droit international n’autorise en aucun cas le bombardement systématique et le châtiment collectif de personnes civiles dans un territoire occupé et assiégé.

L'ampleur et la gravité de la guerre actuelle a dépassé tous les niveaux de violence précédents dans le cadre de l'occupation israélienne prolongée de la Palestine. Il s'agit concrètement d'une campagne de nettoyage ethnique, soutenue par un langage et des expressions déshumanisantes. Depuis le 7 octobre, les actes militaires d'Israël ont tué plus de 10’000 Palestinien·nes à l'intérieur de Gaza, dont plus de 4000 enfants (plus que le nombre annuel d'enfants tués dans les autres conflits armés du monde réunis). De nombreux autres Palestinien·nes souffrent du manque de carburant, d'eau, d'électricité et de fournitures médicales dû au blocus imposé par l’État d’Israël. Les hôpitaux de Gaza sont à peine capables de fonctionner - pas d'électricité pour les ventilateurs, utilisation de vinaigre comme antiseptique, opérations chirurgicales sans anesthésie – et ils continuent d'être touchés par les frappes aériennes israéliennes. Des violences, actes de torture et meurtres exécutés par des militaires et colons israéliens sont également à déplorer dans les territoires palestiniens occupés de Cisjordanie. Ces atrocités viennent s'ajouter aux 75 années de colonisation et d'occupation des terres palestiniennes par l’État d’Israël.  

Notre communauté scientifique, aujourd’hui endeuillée par le meurtre de quelques 70 universitaires palestinien·nes, ne doit pas se rendre complice d’un tel massacre. Nous déplorons et dénonçons la destruction des universités palestiniennes de Gaza par les frappes aériennes israéliennes. Plus largement, nous refusons que nos institutions collaborent avec un régime qu’Amnesty international et Human Rights Watch qualifient de régime d’apartheid, fondé sur l’inégalité, la ségrégation et les discriminations systématiques envers le peuple palestinien.

Dans ce contexte, comme l’ont fait nos collègues irlandais·es, nous exigeons que les Universités et Hautes écoles suisses cessent immédiatement toute collaboration avec les institutions académiques israéliennes jusqu’à l’application d’un cessez-le-feu, dans le respect des droits fondamentaux des Palestinien·nes. Notre appel ne vise aucunement à interdire individuellement les échanges avec des intellectuel·les israélien·nes critiques de la colonisation, mais bien à s'opposer à une collaboration institutionnelle qui légitime ce régime d'apartheid.

Comme organisation faitière des Universités et Hautes écoles suisses, swissuniversities a, à juste titre, condamné l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie et mis en place des mesures concrètes de soutien à la résistance du peuple ukrainien. Nous appelons à ce que des mesures similaires soient mises en place pour le peuple palestinien. Par ailleurs, swissuniversities doit aussi s’engager à défendre nos libertés académiques et en particulier celle des collègues qui apportent leur expertise au débat public. Il est essentiel de resituer ce conflit dans ses dimensions historiques, sociales, économiques et politiques. En tant qu’universitaires, nous portons cette responsabilité.  

À ce stade, le silence et l’acceptation du statu quo équivalent à un soutien tacite à des crimes contre l'humanité.  

deutsche Version unten/ English version below

 

Premiers·ères signataires

  1. Yasmine Atlas, maître-assistante, UNIGE
  2. Agnès Aubry, chercheuse postdoctorale, HES-SO Valais-Wallis
  3. Hazbi Avdiji, chargé de cours UNIL et HEG Genève
  4. Lorenzo Avellino, chercheur postdoctoral, UNIGE  
  5. Francesco Bardelli, enseignant professionnel senior, Scuola universitaria professionale della Svizzera italiana (SUPSI)
  6. Jean Batou, professeur honoraire, UNIL
  7. Elise Blandenier, Doctorante, UNIGE
  8. Hadrien Buclin, chargé de recherche, UNIL
  9. Julie Billaud, professeure associée, IHEID
  10. Cécile Boss, maitre-assistante, UNIGE
  11. Simone Buzzi, doctorant FNS, UNIL
  12. Noé Brandt, étudiant, UNIFR
  13. Claude Calame, professeur honoraire, UNIL
  14. Charlène Calderaro, assistante diplômée, UNIL
  15. Fernando Carvajal Sánchez, chargé de cours, UNIGE
  16. Yann Cerf, doctorant FNS, UNIGE
  17. Maud Chalmandrier, doctorante, UNIL  
  18. Maryvonne Charmillot, maître d’enseignement et de recherche, UNIGE
  19. Sébastien Chauvin, professeur associé, UNIL
  20. Irène Courtin, doctorante, UNIGE
  21. Tarek Dabour, étudiant, UNIL
  22. Joseph Daher, professeur invité, UNIL
  23. Massimo Danzi, professeur associé, UNIGE
  24. Julie de Dardel, professeure assistante, UNIGE
  25. Mélinda Dinh, assistante-doctorante, UNIGE
  26. Ghaliya Djelloul, première assistante, UNIL
  27. Cédric Durand, professeur Associé, UNIGE
  28. Vista Eskandari, assistante au département de droit public de l’UNIGE
  29. Anouk Essyad, doctorante FNS, UNIFR
  30. Julie Franck, maître d'enseignement et de recherche, UNIGE
  31. Etienne Furrer, chercheur associé, UNIL
  32. Aurélie Gay, étudiante, HETSL
  33. Luca Gnaedinger, assistant-doctorant, Institut de géographie, UNINE
  34. Aline Helg, professeure honoraire, UNIGE
  35. Alix Heiniger, professeure assistante, UNIFR
  36. Marco Hessels, professeur ordinaire, UNIGE
  37. Ellen Hertz, professeure ordinaire, UniNE
  38. Cornelia Hummel, professeure associée, UNIGE
  39. Irène Hirt, professeure associée, UNIGE
  40. Didier Jaccard, professeur retraité, UNIGE
  41. Mountazar Jaffar, assistant diplômé, UNIL
  42. Fiona Lamon, assistante diplômée, UNIL
  43. Eléonore Lépinard, professeure associée, UNIL
  44. Mattia Mahon, doctorant, UNIL
  45. Tosca Martini, assistante diplômée en histoire, UNIL.
  46. Massimiliano Masini, doctorant, IHEID
  47. Guillaume Matthey, assistant diplômé, UNIL
  48. Pere Morell i Torra, collaborateur scientifique, HETS Genève
  49. Pamela Ohene-Nyako, doctorante, UNIGE
  50. Veronica Pagnamenta, collaboratrice scientifique HETSL
  51. Dimitri Paratte, doctorant FNS, UNINE
  52. Lucrezia Perrig, assistante diplômée, UNIL
  53. Laure Piguet, chercheuse junior FNS, UNIFR
  54. Stéfanie Prezioso, professeure associée, UNIL
  55. Gaspard Rey, doctorant FNS, UNIL
  56. Aurora Ruggeri, assistante-doctorante, Institut de géographie, UNINE
  57. Marlyne Sahakian, professeure associée, UNIGE
  58. Yamina Sam, étudiante en master de géographie, UNIGE
  59. Marie Sandoz, post-doctorante, UNIBA
  60. Sébastien Scheiwiller, doctorant, UNIBA
  61. Hannah Schoch, doctorante
  62. Marie Spang, étudiante, UNIFR
  63. Julia Steinberger, professeure ordinaire, UNIL
  64. Mathias Studer, professeur associé, UNIGE
  65. Thérèse Thévenaz, maîtresse d'enseignement et de recherche retraitée, UNIGE
  66. Leonhard Unterlerchner, doctorant, UNIGE
  67. Sara Vallerani, doctorante, UNIGE
  68. Nerea Viana Alzola, assistante diplômée, UNIGE
  69. Valeria Wagner, maître d’enseignement et de recherche, UNIGE
  70. Anne-Valérie Zuber, doctorante, UNINE
  71. Urs Zuppinger, chargé de cours à la retraite, EPFL et EPFZ    

[merci d'indiquer votre statut et affiliation dans la case commentaire lorsque vous signez la lettre!].

 

Addressed to swissuniversities, the umbrella organization of Swiss universities and higher education institutions  

We cannot be complicit in crimes against humanity, let us cease all collaboration with Israeli academic institutions!  

We are members of Swiss academic institutions - researchers, administrative and technical staff, students - and we refuse to be complicit in crimes against humanity and a campaign of ethnic cleansing against Palestinians. After the first week of the Israeli assault, a group of more than 800 international jurists and genocide specialists was "compelled to sound the alarm about the possibility of the crime of genocide being perpetrated by Israeli forces". At the same time, the United Nations Special Rapporteurs on Human Rights warned of the “grave risk of genocide” against the Palestinian people", calling on all States and international organizations to fulfil their obligations.

Despite the atrocity of the attacks perpetrated by Hamas on October 7th, which led to the indiscriminate deaths of many Israeli civilians, international law in no way authorizes the systematic bombardment and collective punishment of civilians in an occupied and besieged territory.

The scale and severity of the current war has surpassed all previous levels of violence in the prolonged Israeli occupation of Palestine. It is, in concrete fact, a campaign of ethnic cleansing, supported by dehumanizing language and expressions. Since October 7th, Israel's military actions have killed more than 10,000 Palestinians inside Gaza, including more than 4,000 children (more than the annual number of children killed in the world's other armed conflicts combined). Many other Palestinians are suffering from the lack of fuel, water, electricity, and medical supplies due to the blockade imposed by the State of Israel. Gaza's hospitals are barely able to function - no electricity for ventilators, use of vinegar as an antiseptic, surgical operations without anesthesia - and they continue to be hit by Israeli air strikes. Violence, torture, and murder at the hands of Israeli soldiers and settlers are also to be deplored in the occupied Palestinian territories of the West Bank. These atrocities come on top of 75 years of colonization and occupation of Palestinian land by the State of Israel.

Our scientific community, today mourning the murder of some 70 Palestinian academics, must not be complicit in such a massacre. We deplore and denounce the destruction of Palestinian universities in Gaza by Israeli air strikes. More broadly, we refuse to allow our institutions to collaborate with a regime that Amnesty International and Human Rights Watch describe as an apartheid regime, based on inequality, segregation, and systematic discrimination against the Palestinian people.

In this context, as our Irish colleagues have done, we demand that Swiss universities and colleges immediately cease all collaboration with Israeli academic institutions until a ceasefire is implemented, respecting the fundamental rights of Palestinians. The aim of our appeal is in by no means to ban individual exchanges with Israeli intellectuals who are critical of colonisation, but rather to oppose institutional collaboration that legitimizes this apartheid regime.

As the umbrella organization of Swiss universities and colleges of higher education, swissuniversities has rightly condemned Russia's military aggression against Ukraine and has introduced concrete measures to support the resistance of the Ukrainian people. We call for similar measures to be put in place for the Palestinian people. swissuniversities must also make a commitment to defend our academic freedom, and in particular that of colleagues who contribute their expertise to public debate. It is essential to place this conflict in its historical, social, economic, and political context. As academics, we carry this responsibility.

At this point, silence and acceptance of the status quo equate to tacit support for crimes against humanity.

 

Adressiert an swissuniversities, die schweizerischer Dachverband der Universitäten und Hochschulen.  

Seien wir keine Komplizen der Verbrechen gegen die Menschlichkeit! Stellen wir jede Zusammenarbeit mit israelischen akademischen Institutionen ein!  

Wir sind Mitglieder von schweizerischen akademischen Institutionen - Forschende, administratives und technisches Personal, Student:innen- und wir weigern uns, uns an Verbrechen gegen die Menschlichkeit und an einer ethnischen Säuberungskampagne gegen PalästinenserInnen zu beteiligen. Nach der ersten Woche des israelischen Angriffs sah sich eine Gruppe von mehr als 800 internationalen Juristen und Völkermord-Spezialist:innen "gezwungen, über die Möglichkeit eines von den israelischen Streitkräften begangenen Völkermords zu alarmieren". Gleichzeitig warnten die Sonderberichterstatter:innen der Vereinten Nationen für Menschenrechte vor der "Gefahr eines Völkermordes gegen das palästinensische Volk" und riefen alle Staaten und internationalen Organisationen auf, ihren Verpflichtungen nachzukommen.

Trotz der Gräueltaten der vom Hamas ausgeführten Angriffe vom 7. Oktober, die zum wahllosen Tod zahlreicher israelischer Zivilist:innen geführt haben, erlaubt das internationale Völkerrecht keinesfalls die systematische Bombardierung und kollektive Bestrafung von Zivilist:innen in einem besetzten und belagerten Gebiet.

Das Ausmaß und die Schwere des aktuellen Krieges übertrifft, was die Gewalt betrifft, alle bisherigen Auseinandersetzungen seit dem Beginn der israelischen Besetzung Palästinas. Es handelt sich konkret um eine Kampagne der ethnischen Säuberung, die durch entmenschlichende Sprache und Ausdrücke unterstützt wird. Seit dem 7. Oktober wurden durch die israelischen Militäraktionen mehr als 10.000 Palästinenser:innen im Gazastreifen getötet, darunter mehr als 4.000 Kinder (mehr als die jährliche Summe von in allen anderen bewaffneten Konflikten der Welt getöteten Kinder zusammen). Viele andere Palästinenser:innen leiden unter dem Mangel an Treibstoff, Wasser, Strom und medizinischer Versorgung aufgrund der vom israelischen Staat verhängten Blockade. Die Krankenhäuser in Gaza sind kaum funktionsfähig - kein Strom für Beatmungsgeräte, Verwendung von Essig als Antiseptikum, Operationen ohne Betäubung - und werden weiterhin von israelischen Luftangriffen getroffen. Gewalt, Folter und Mord durch israelische Soldaten und Siedler sind auch in den besetzten palästinensischen Gebieten in der Westbank zu beklagen. Diese Gräueltaten kommen zu den 75 Jahren Kolonisation und Besetzung palästinensischen Landes durch den Staat Israel hinzu.

Unsere wissenschaftliche Gemeinschaft, die heute die Ermordung von etwa 70 palästinensischen Akadamiker:innen trauert, darf sich nicht an einem solchen Massaker beteiligen. Wir beklagen und verurteilen die Zerstörung palästinensischer Universitäten im Gazastreifen durch israelische Luftangriffe. Vor allem lehnen wir es ab, dass unsere Institutionen mit einem Regime zusammenarbeiten, das von Amnesty International und Human Rights Watch als Apartheid-Regime bezeichnet wird, da es auf Ungleichheit, Segregation und systematischer Diskriminierung des palästinensischen Volkes beruhe.

Darum fordern wir, wie unsere irischen Kolleg:innen, dass die Schweizer Universitäten und Hochschulen unverzüglich jede Zusammenarbeit mit israelischen akademischen Institutionen einstellen, bis ein Waffenstillstand erreicht ist, der die Grundrechte der Palästinenser:innen respektiert. Unser Aufruf zielt nicht darauf ab, den Austausch mit israelischen Intellektueller:innen, die den Kolonialismus kritisieren, individuell zu verbieten, sondern sich einer institutionellen Zusammenarbeit zu widersetzen, die dieses Apartheidregime legitimiert.

swissuniversities hat als Dachverband der Schweizer Universitäten und Hochschulen die militärische Aggression Russlands gegen die Ukraine zu Recht verurteilt und konkrete Maßnahmen zur Unterstützung des Widerstands des ukrainischen Volkes eingeleitet. Wir fordern, dass ähnliche Maßnahmen für das palästinensische Volk ergriffen werden. swissuniversities muss sich auch dafür einsetzen, die akademische Freiheit zu verteidigen, insbesondere diejenige von Kolleg:innen, die sich mit ihrer Expertise in öffentlichen Debatten einbringen. Es ist wichtig, diesen Konflikt in seinen historischen, sozialen, wirtschaftlichen und politischen Kontext zu stellen. Als Akademiker:innen tragen wir diese besondere Verantwortung.

Angesichts des aktuellen Standes, kommen Schweigen und Akzeptanz des Status quo einer stillschweigenden Unterstützung von Verbrechen gegen die Menschlichkeit gleich.  


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