Petitionenligne.fr

Artistes belges contre les violences policières

          Les événements survenus à Bruxelles depuis ce jeudi 04 juin 2026 ont été d’une violence rarement observée en Belgique. Des milliers d’élèves, d’étudiant·e·s et de professeur·e·s ont décidé de marcher et de se rassembler pour protester contre la réforme du décret-programme de l’enseignement qui, rappelons-le,

  • prévoit d’augmenter dans le secondaire les heures de travail des enseignant·e·s du degré supérieur sans augmentation de salaire – créant nécessairement de la perte d’emploi et des conditions de travail néfastes,
  • prévoit d’arrêter purement et simplement la gratuité des repas scolaires qui permettaient aux familles les plus précaires d’assurer des repas chauds pour leurs enfants,
  • prévoit d’augmenter le minerval dans l’enseignement supérieur – ce qui résultera en 58% des étudiant·e·s qui payeront 1200€ de minerval pour pouvoir étudier, à la place de 835€ auparavant dans les universités et environ 300€ dans les hautes écoles (privant ainsi les familles précaires d’envoyer leurs enfants aux études supérieures),
  • et est par ailleurs passé suite à un détour illégal de la part du président du parlement de la FWB Benoît Dispa (Les Engagés) qui n’a pas respecté le temps réglementaire de 84 heures entre l’approbation du rapport en commission budget et son examen en séance plénière. Il s’agit d’un précédent extrêmement grave pour notre démocratie parlementaire.

En plus de la violence institutionnelle d’un tel passage en force, ce 04 juin, alors que les élèves, étudiant·e·s et professeur·e·s sont venu·e·s pour la plupart manifester pacifiquement, ils et elles ont été accueilli·e·s avec une brutalité sans nom par les forces de police. Nous ne pouvons nier qu’une partie des manifestant·e·s n’ont pas été pacifiques, mais les prétendus « débordements » observés dans cette séquence ne sont que le reflet de l’appareil policier qui a enfermé Bruxelles dans la répression. La foule, contrainte dans un rapport de force coercitif, n’avait d’autres issues que la confrontation. Nous ne pouvons compter le nombre d’enfants gazés à bout portant avec des bombes lacrymogènes, provoquant des séquelles graves. Nous ne pouvons compter le nombre de nasses qui sont illégales et qui ont été observées durant toute la séquence d’événements, du jeudi au samedi 07 juin. Nous ne pouvons compter les coups de matraques, les arrestations violentes, les interpellations racistes et contrôles au faciès de jeunes personnes noires et nord-africaines qui n’avaient rien demandé. Nous ne pouvons fermer les yeux ni boucher nos oreilles lorsque nous observons, au sein de la police belge, un policier brandir une bombe lacrymogène décorée d’un symbole néofasciste, et d’autres proférant des insultes et propos transphobes, racistes et mysogines qui, si nous devions le rappeler, sont strictement illégaux et donc indignes des représentants des forces de l’ordre de ce pays.

À toutes celles et ceux qui prétendront qu’en Belgique nous avons le droit de nous rassembler et de manifester librement notre opinion, nous posons la question : sommes-nous réellement libres lorsque nous sommes accueillies par des autopompes capables de nous renverser, pouvant provoquer de nombreux traumatismes, et par des barricades de barbelés, des véhicules blindés, des chiens non muselés et des policiers armés jusqu’aux dents ? Sommes-nous réellement libres lorsque des enseignant·e·s témoignent avoir été contrôlé·e·s par la police en sortant du train, qui leur demandait s’ils et elles étaient enseignant·e·s, pour les identifier et les renvoyer dans un train retour ? Comment la police pense-t-elle un seul instant que ce dispositif énormissime puisse calmer le jeu ? Alors qu’il est à la base-même de la provocation ? Comment le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, chef de la police de Bruxelles, élu PS qui est actuellement dans l’opposition, a-t-il pu autoriser un tel dispositif et laisser se déferler une telle violence dans les rues de Bruxelles ?  Sur des enfants ? Sur des jeunes ? Sur des enseignant·e·s, garant·e·s de l’éducation de plusieurs générations de futur·e·s travailleurs et travailleuses de ce pays ?

Nous autres, artistes belges de toute discipline confondue, soutenons le mouvement social historique que nous connaissons aujourd'hui, et appelons à l'alliance entre tous les secteurs touchés par les réformes immondes du MR et des Engagés, que ce soit à la Fédération Wallonie-Bruxelles ou au Fédéral. Ces gens-là, aujourd'hui, nous retirent nos droits. La démocratie est ouvertement bafouée. La police, imminement complice. Nous appelons à construire ensemble un monde où nos alternatives priment sur les leurs. Il est temps de changer de narratif. Et nous tenons aussi pour responsables les membres de l'opposition, PS, Ecolo, PTB, qui ont aujourd'hui un devoir. Un devoir de s'allier contre les droites. Un devoir de solidifier leur armature politique. Un devoir de proposer une Belgique qui priorise l'enseignement, le secteur des soins et du travail social, qui aide les plus précaires et met à contribution les plus aisés, une Belgique solidaire, une Belgique qui s'oppose fermement et sans hésitation au racisme d'État, aux violences policières, et qui met tout en œuvre pour les empêcher

Pour signer cette pétition, inscrivez votre nom légal ou nom d'artiste, et précisez en commentaire votre métier artistique ou votre secteur. Merci !

Signer cette pétition

En signant, j'accepte que CHOSE puisse voir toutes les informations que je fournis dans ce formulaire.


OU


Nous devons vérifier que vous êtes humain.

J’autorise le traitement des informations que je fournis sur ce formulaire aux fins suivantes :