Appel à l'Office public de la langue régionale d'Alsace (OPLRA)
Nous, signataires du présent appel, demandons que la langue régionale d’Alsace soit prise en compte par l’Office public de la langue régionale d’Alsace dans ses deux expressions, à savoir l’allemand standard et ses variantes dialectales, comme la définissent ses statuts, tant au niveau de leur promotion que de leur usage par l’Office.
Explication de la démarche:
Notre souci, c’est l’Alsace, dont la première identité est géographique. L’Alsace n’est pas qu’une extrémité orientale de la France, une fin de terre. Elle est aussi, située dans le Rhin supérieur, l’extrémité occidentale de la Mitteleuropa. L’Alsace est rhénane et c’est une grande chance pour la France d’avoir un pays rhénan en son sein.
Mais la rhénanité oblige !
Excluant de tourner les dos à la moitié du monde qui l’environne, elle impose à l’Alsace de pouvoir communiquer à 360 degrés[1]. Ce qui, en retour, permet à l’Alsace de se nourrir de cet environnement. Autrement dit, l’Alsace ne peut pas se permettre de se passer d’une bonne connaissance et d’une bonne pratique de la langue allemande, standard en l’occurrence.
À cette fin, l’enseignement seul ne suffit pas. Il faut faire vivre par son usage la langue allemande en Alsace. Et la faire vivre lui confère appétence et attractivité, et l’ennoblie.
Si donc on accepte l’idée que l’Alsace ne peut pas se passer aujourd’hui et surtout demain de la langue allemande, alors son usage s’impose à toute institution alsacienne, comme s’impose à elle, après des décennies de négativation[2], de reposiviter son image.
C’est ainsi que j’ai eu l’occasion de dire ceci au rectorat en réunion du conseil académique : « Monsieur le recteur, les langues qui ne sont qu’enseignées se sont les langues mortes, aussi, communiquez dans la langue que vous enseignez, utilisez-là, faite-là vivre, si vous voulez véritablement assurer vie et survie à cet enseignement ».[3]
L’enseignement de l’allemand a des justifications particulières en Alsace très largement admises par la société alsacienne. Il serait bon et utile que le nouvel Office les porte et, ce faisant, contribue à son maintien et à son renforcement.
C’est dans cet état d’esprit que nous intervenons auprès du président de l’Office. Il impose à l’Office de ne pas communiquer qu’en dialecte, mais aussi en standard et d'en faire la promotion.
Pierre Klein, présodent de l'ICA
[1] Vous n’êtes pas sans savoir qu’à 250 km autour de Strasbourg vivent quelque 6 millions de francophones et 25 millions de germanophones.
[2] La transformation, non dénuée d’antigermanisme, de l’ORBI (office régional pour le bilinguisme français-allemand standard et dialectal) en OLCA (agence de promotion de l’alsacien) a grandement contribué à négativer l’image de l’allemand standard et à faire circuler l’idée d’une langue régionale sans lien avec lui, autrement dit, l’OLCA s’est nourri du concept qu’il a fait circuler.
[3] Ce serait un comble de demander cela à une institution d’Etat et de ne pas le faire à une institution alsacienne (CeA ; OPLRA).
Initiaitive citoyenne alsacienne (ICA) Contacter l'auteur de la pétition